Plongeon catmarin
Nom anglais : Red-throated Loon
Nom latin : Gavia stellata
Distribution géographique : Le Huart à gorge rousse a une distribution circumpolaire. Il niche depuis le nord de l'Alaska, du Canada et du Groenland jusqu'à la côte de la Colombie-Britannique, au sud du Mackenzie, à la baie James, à Terre-Neuve (en petit nombre) et à l'île Miquelon; il niche aussi dans toute l'Eurasie septentrionale. En Amérique du Nord, sa zone d'hivernage s'étend principalement depuis les îles Aléoutiennes, au nord, jusqu'au nord-ouest du Mexique, tout le long des côtes, au sud, et depuis Terre-Neuve, au nord, jusqu'au sud de la Floride et sur la côte du golfe du Mexique, au sud.
Caractères distinctifs : Le Huart à gorge rousse est un petit huart au bec effilé qui semble souvent retroussé à cause de l'angle abrupt vers le haut que fait la mandibule. Adulte, en été: tête gris foncé; tache rouge sur la gorge; dos de couleur uniforme, non tacheté en damier de noir et de blanc. Ces traits sont distinctifs. Adulte, en hiver, et juvénile: ils ont, comme les autres huarts, du gris sur le dessus et du blanc en dessous, mais, en main, le Huart à gorge rousse est très différent (Voir figure 6) à cause de son dos moucheté (les autres huarts ont le dos de couleur uniforme ou à taches en écailles). Juvénile, le premier automne et le premier hiver: différent de l'adulte en hiver par l'agencement de couleurs des plumes du dos; taches plutôt grisâtres, plus longues et étroites, formant des motifs en V, particulièrement sur les scapulaires et les tectrices supérieures des ailes.
Mensuration : Mâle adulte: aile, 272,5-292,5 (280,2); tarse, 68,5-78,1 (73,9); culmen exposé, 48,2-57,1 (52,4) mm. Femelle adulte: aile, 259-281 (270,4); tarse, 65,5-73,1 # (69,9); culmen exposé, 46,4-54,6 (51) mm.
Voix : Normalement silencieux en migration et en hiver; émet un cri plaintif en période de reproduction ainsi qu'un <i>kwouk</i> répété en vol, qui ressemble à un caquetage de canard.
Habitat : En été, les adultes fréquentent des étangs et des lacs d'eau douce, surtout dans la toundra, mais aussi dans les régions boisées. Ils se rencontrent souvent sur des lacs plus grands, sur des rivières et en eau salée, où ils se nourrissent. En hiver, les adultes et les jeunes se rassemblent près de la côte. La plupart des juvéniles demeurent à l'eau salée jusqu'à maturité.
Nidification : Le nid consiste soit en une dépression dans le sol, soit en un amoncellement de mousse ou d'autres matières végétales sur les grèves ou sur des îles dans des lacs ou des étangs; il est placé très près du bord de l'eau ou en eau peu profonde. Il y a généralement 2 oeufs dont la couleur varie entre olive et brun foncé, avec des taches et des éclaboussures brunes presque noires. L'incubation dure 27 jours (W. H. Drury, Jr.) ou 29 jours (G. M. Sutton). Le mâle et la femelle couvent aussitôt que le premier oeuf est pondu. Il n'y a qu'une couvée par saison.
Reproduction : Les plongeons arrivent par couple au printemps sur les lacs du Nord, dès le début de la fonte des glaces. Les plongeons sont des oiseaux nicheurs solitaires. Les petits lacs, en général ceux dont la superficie est comprise entre 5 et 50 ha, peuvent accueillir un couple de plongeons. Sur les plus grands lacs, on peut voir plus d’un couple, chacun occupant une baie ou une section du lac. Jusqu’à récemment, on pensait que les plongeons s’accouplaient pour la vie. Grâce au baguage, on a pu constater que les plongeons changent quelquefois de partenaire après une tentative infructueuse de nidification, et cela même entre des nidifications au cours d’une même saison. La pariade (c.-à-d. la saison où les oiseaux se réunissent par paires avant de s’accoupler) et l’accouplement se déroulent dans la tranquillité, le couple nageant et faisant de courts plongeons ensemble. Finalement, le mâle entraîne la femelle sur la terre ferme, dans un endroit convenable, où l’accouplement a lieu. La construction du nid commence ensuite.
<p>Le plongeon aménage son nid près de l’eau, de préférence dans un endroit complètement entouré d’eau, par exemple une île, la hutte d’un rat musqué, une bille de bois à moitié submergée ou un tapis de laîche. Généralement, les plongeons peuvent glisser de leur nid directement dans l’eau. Les mêmes sites sont souvent utilisés d’année en année. Les plongeons utilisent tous les matériaux à leur portée pour construire leurs nids. On a retrouvé des aiguilles de résineux, des feuilles, de l’herbe, de la mousse et d’autres sortes de végétation sous des œufs de plongeons. Si les matériaux à leur portée ne font pas l’affaire, les plongeons pondent leurs œufs directement sur le sol boueux ou rocailleux. Quelquefois des blocs de boue ou de végétation sont récoltés dans le fond du lac pour construire le nid. Le mâle et la femelle participent ensemble à la construction du nid, ainsi qu’à l’incubation, qui dure jusqu’à l’éclosion, habituellement après 26 à 31 jours. Si les œufs sont perdus, le couple peut nicher de nouveau, souvent à peu près au même endroit. <p>D’habitude, deux œufs sont pondus en juin, et vers la fin du mois les oisillons couverts d’un duvet brun-noir apparaissent sur l’eau. Les petits du plongeon peuvent nager immédiatement, mais ils passent quelque temps sur le dos de leurs parents pour se reposer, se garder au chaud et éviter les prédateurs comme les gros poissons carnivores, les tortues-alligators, les goélands, les aigles et les corneilles. Après un jour ou deux dans l’eau, les oisillons ne retournent pas au nid.
<p>Au cours des premières semaines de leur vie, les oisillons dépendent exclusivement de leurs parents pour leur nourriture, et, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de huit semaines, les adultes demeurent avec eux la plupart du temps et sont leurs principaux pourvoyeurs de nourriture. Par la suite, les oisillons commencent à plonger pour se procurer une partie de leurs aliments et, lorsqu’ils ont 11 ou 12 semaines, ils pourvoient à presque tous leurs besoins alimentaires et peuvent commencer à voler. Au début, la pâture apportée aux oisillons est menue : escargots, petits poissons, écrevisses, vairons et certaines plantes aquatiques. À mesure que les petits grandissent, ils ont besoin de plus de protéines, et leurs parents leur apportent plus de poissons s’ils en trouvent. Lorsque le temps de la migration arrive, les petits peuvent subvenir à leurs besoins et, en général, les adultes partent les premiers et les jeunes, peu après.
<p>Parfois, les plongeons se rassemblent en petits groupes pendant l’été. En septembre, il n’est pas rare de voir des plongeons s’alimenter en groupe lorsqu’ils se rassemblent sur de grands lacs au cours de la migration. En outre, les plongeons se tiennent ordinairement en groupe dans leurs aires d’hivernage.
Régime alimentaire : Les plongeons sont des prédateurs; pendant l’été ils se nourrissent de poissons, d’écrevisses, de grenouilles, d’escargots, de salamandres et de sangsues. Le plongeon adulte préfère le poisson à toute autre nourriture, et semble avoir un penchant pour la perche, le meunier, la barbotte et la barbue, le crapet, l’éperlan et le vairon.
Longévité : L’espérance de vie du plongeon peut varier entre 15 et 30 ans.
Statut de population : Espèce protégé au Canada.
Fiche mise à jour le : 2010-11-18 - Nombre de consultations : 62